Depuis quelques années, je m’intéresse au rôle de l’image dans le vie de chacun en utilisant comme support une iconographie provenant de fonds privés. Considérée comme un art du témoignage, je rapproche ces histoires intimes d’autres images, documents plus officiels, celles qui notamment ont fait date dans l’histoire, provoquant de fait un télescopage de sens, de formes, et l’irruption plastique. L’histoire familiale est source de filiations plurielles, de transmission — verbales ou non — mais aussi de secrets. Certains vides apparaissent parfois dans ces portraits de famille où l’élément absent, par l’insistance de son manque dans la logique du récit, devient obsédant.

Je m’intéresse plus spécifiquement à l’image manquante, à la disparition et à l’absence, qui compliquent tout « témoignage » visuel, pour élaborer l’idée d’une « résistance » des images grâce à l’œuvre d’art.

Parmi ces clichés qui échappent, ces histoires et ces représentations qui m’échappent, comment déjouer l’image lorsqu’elle ne se donne pas? Par quel biais accéder à ce qui se dérobe? C’est là tout l’enjeu de mes recherches qui consistent à saisir mais aussi à fabriquer des images en mouvement, sorte de portraits libres et fantomatiques pour les incarner dans une mythologie personnelle; ou comment d’un récit en creux surgissent les images, archives d’un devenir.